L'OLIVIER
- J’ai pris une photo d’un olivier, dans la forêt noire, rare !
- Je te soupçonne plutôt d’avoir fait un cliché de boules colorées en ce jardin.
- Euh, l’un n’empêche pas l’autre. Je reconnais que ma motivation était plutôt, disons, sphérique…
- …alors ne ment pas. L’olivier ne t’est apparu que secondaire.
- Mais on ne peut vivre que stressé avec cette permanente recherche de justesse profonde.
- Non, peu à peu, on vit mieux car la spontanéité devient vraie, les échanges se font dans une atmosphère de vérité…
- …n’allons pas trop loin, la recherche de vérité reste un long chemin vers un horizon toujours fuyant.
- L’horizon ne fuit pas, c’est nous qui ne pouvons l’atteindre physiquement.
- Même par la pensée, je ne peux m’imaginer m’approchant plus près du soleil couchant, là sur fond de mer.
- Des expériences hors du corps semblent possibles, comme la nuit quand tu dors.
- Justement, en ce moment, je dors peu, mal. Je ne sais pas vraiment d’où cela vient. Les possibilités sont multiples, entre peur de ne jamais revenir, manque de fatigue par une journée trop indolente…
-…arrête de te juger et t’autodétruire. Tu fais de ton mieux. Simplement, il serait bon que, peu à peu, tu recolles les morceaux de ton être éparpillé entre incompréhensions, culpabilités, orgueil et manque de confiance.
- C’est tout ? Facile à régler. Où as-tu mis mon menhir ?
- Il est toujours sur un point d’acupuncture terrestre dans ton jardin.
- C’est juste pour me l’accrocher au cou quand j’irai me baigner tout à l’heure !
- Et cela à cause d’un olivier ?
- Tout est important et lié !