Petite histoire de rien du tout
Le petit homme se promène tranquillement dans son quartier. Là, un jardin d’à peine quelques mètres carrés ouverts sur la rue contient a minima trois sphères miroir et une boule de terre. « Pour éloigner les oiseaux » se dit t’il « ou mieux éclairer l’espace, ou seulement pour le plaisir esthétique ou… ». Stoppant ses pensées vagabondes, le petit homme saisit son appareil photo et, spontanément … « Je peux vous être utile ? » Surpris d’entendre un ton agacé, le photographe suspend son geste. Sans vraiment saluer la personne sortie sur son perron, il lui sourit et lui explique qu’il fait une image des sphères car… « Dégage ! » le coupe l’individu en y joignant un geste dévalorisant de la main.
Le petit homme, attristé, lui précise « Avez-vous bien compris ce que je vous ais dit ? » - « Dégage ! » Sur le chemin du retour, il se demande ce qui peut bien être un enseignement en cette anecdote plutôt déplaisante. Certes, il s’est senti vexé, rejeté. Il a même pensé à un acte raciste. Mais il essaye de voir ce qui, en son propre comportement, a pu être disharmonieux. Finalement, il n’avait pas demandé l’autorisation. Une banale photo de sphères en un jardinet directement sur la rue, sans clôture, en quoi est ce offensant ou présenter un risque pour la personne vivant là ? Celle-ci doit avoir peur, quelque chose à cacher. « Encore une histoire d’amour foireuse ou des dettes à n’en plus finir, ou encore un besoin de transférer ses problèmes, se rassurer par de petites prises de pouvoir. A moins que cela soit surtout de la superstition… » Le petit homme se rappelle soudain qu’il s’était promis de ne plus faire de suppositions. Alors quelles leçons tirer de cette petite histoire ? Quelques mot clés émergent, des pistes : rester toujours calme, respectueux, attentionné, chercher le partage, demander et écouter… Tiens, le petit homme n’a pas eu le réflexe de tenter d’établir un contact tout de même. C’eut été un début d’escalade ou, qui sait, de dialogue. On peut rêver…Surpris, il est parti non sans remercier le désagréable individu. Avec ironie, par dérision, par crainte ou simple politesse ? Non, par acceptation d’un décalage entre les êtres parfois, morceaux de vies baignés d’incompréhensions, pièces du puzzle encore trop éloignées. Cela dit, le petit homme ne sait toujours pas pourquoi il s’en veut, lui, de la réaction démesurée de l’autre. Balbutiements vers l’unité, la perfection sphérique ?