UN JE
- L’univers des sphères ne m’intéresse plus.
- A d’autres ! Je t’ai surpris en train de jouer avec une petite granule d’or.
- Je t’avoue que j’ai été assez fasciné par cette boule, trouvée par terre. Ce n’est pas de l’or, mais j’aime à le penser.
- Qu’en sais tu vraiment ?
- Une sensation, comme ça, inexplicable. Peu importe en fait, seule compte la joie de l’instant, que j’ai figée en une photo spontanée.
- L’image marque déjà le passé, qu’en est t’il de ton présent ?
- Là, j’écris, tout au moins j’essaye de raconter l’histoire de cette rencontre.
- Elle paraît pourtant bien banale.
- Justement, pourquoi le bonheur ne serait-t-il qu’en des instants intenses, rares et d’autant plus recherchés ?
- Si une simple sphère peut mener à la jubilation, c’est superbe.
- Joie, bonheur, que de termes positifs pour un être de plastique déguisé en boule d’or.
- Qu’as-tu contre la richesse du pauvre ?
- Rien. Mais quelle est t’elle vraiment ?
- Souvent la générosité, malgré tout.
- Est-ce généreux de se farder d’or alors que notre être est de plastique ?
- Si cet acte est juste, loin de la honte ou de l’envie, alors pourquoi pas paraître mieux que l’on se croit ?
- Peut-on cacher ainsi ses prétendues faiblesses et rebondir, jouer pour redevenir authentique ?
- Tout cela me paraît bien complexe. Tes pensées t’enfument, t’enferment en une sphère mentale dont tu n’as plus trop besoin.
- Si j’enlève mon casque, la sphère deviendra lumineuse et même la mort ne me fera plus peur ?
- Oui, arrête de ruminer. Joue, si tu veux, tranquillement avec ta boule orifiée…
- Quel jeu de mot !
- Ne suis-je pas un peu toi ?
- Oui, je sens une transe sphère. Jouons !