SPHERE A CHEVAL
- Tu as retrouvé ton crayon ?
- Facile quand on ne l’a pas perdu.
- Tu as pourtant bien compris : reprends-tu tes écrits et tes dessins ?
- Esquisses, comme tu peux voir.
- Qu’as-tu voulu exprimer ?
- J’accepte seulement de montrer ce que me dicte mon insomnie, même si c’est n’importe quoi.
- On peut toujours interpréter, trouver des symboles, dégager des idées, admirer des courbes, que sais-je…
- Il est bon de dire la vérité. La nuit dernière, j’ai essayé de dessiner un cheval, je n’y suis pas arrivé, alors, de fil en aiguille, j’ai mis un cavalier puis un autre personnage assis sur une boule, enfin j’ai rajouté mes éternelles sphères en me laissant guider par les lignes de force du croquis.
- Quelle explication complexe ! En résumé, tu t’ennuies en ce moment et tu passes ton temps de nuit comme tu peux, sans volonté de transformer tes insomnies en chances pour être créatif.
- Cette esquisse est quand même une création, qui vaut ce qu’elle vaut, comme on dit.
- Qui est on ?
- Ceux qui savent dessiner ?
- Non, eux connaissent la difficulté de faire vibrer un dessin ...
- ... et s’approcher de la perfection dans l’esthétique et le message.
- A propos, que veux-tu dire avec ce cheval sphérique ?
- Chacun lira ce qu’il veut.
- Ce qui semble compter, c’est une certaine dynamique…
- … qui me manque en ce moment.
- Rien n’est pour rien.