LEVE VERRE
| Dimanche 13 janvier 2008 | |
| 16h40 - INTERFACES - art et culture Pour fêter la nouvelle année, le petit homme n'a pas bu, pas d'alcool. Même pas une goutte, c'était si difficile d'arrêter avant d'y être obligé. Il a pris son appareil photo et, à tout hasard, numérisé une sphère sur un pied de verre, en compagnie de ses amis de toutes formes. Il avait subitement pensé à écrire sur la question des interfaces, des liaisons entre volumes, entre êtres, entre choses... Finalement, parler sur le contenant, le verre et ses transparences, ses couleurs, ses relations parfois dangereuses ne l'intéressait plus vraiment. Il pensa évoquer le contenu, l'air, l'eau ou la boisson plus ou moins salutaire, parfois à bulle. Mais, en rupture d'enthousiasme, le petit homme se dit, désuet : rouge jaune bleu superposés, la boule jaune devrait être en bas au milieu. Son symbolisme quelque peu primaire l'étonna, il se demanda si, en fin de compte, il ne serait pas mieux de s'oublier dans un bon coco-punch. Après tout, la noix de coco est plutôt proche de.... Puissamment, un «assez » surgit de nulle part. Il sourit, reprit sa respiration et remercia de ne pas avoir sombré, une fois de plus. | |
INTERFACES 2 13 JANV 2010
Deux ans plus tard, le verre a rendu l’âme. Le petit homme a entendu soudain, un soupir, aigu, cristallin. Il a senti tout de suite que c’était un dernier souffle qui s’échappait de la froideur de verre pour rejoindre la chaleur des étoiles.
Il n’a pu se résigner à recycler l’objet, mais ne peut le recoller ou le fondre dans son four à pain. Alors, il lui rend hommage, par écrit, sans trop savoir quoi dire après ses critiques colorées datant, déjà d'une paire dents.
Raconter une histoire sur le vide et le plein, rire sur les pleins, vidés de toute énergie à force de boire….ne l’inspire pas. Mais au fait, qui avait offert ce verre ? Un des enfants, à sa mère. Voilà de quoi alimenter une plume alerte.
Le petit homme n’a pourtant pas le cœur à entrer dans l’univers chaleureux mais tourmenté des relations entre une maman et son p’tit bout’chou.
Il faut dire que le petit fait aujourd’hui près de deux mètres et porte avec maladresse ses 18ans sur le chemin de la vie citadine. Il aimerait cependant travailler dans le monde du verre, hésitant entre la technique optique et l’art, du vitrail par exemple.
L’un n’empêche pas l’autre chante le poète. Pourtant, concilier science et conscience n’est pas simple. Mais où est la science dans l’art ? Dans les matières de plus en plus technologiques utilisées par les créateurs.
Le fiston préfère travailler avec des matériaux recyclés, arrivant à intégrer une démarche artistique dans un torrent de matériels de haute industrie, chaudières atomiques, électricité, flux d’eau, lumière, vapeurs…
Bien. Quand le verre cassé sera transformé en…en art rare, alors la boule jaune, autrefois sur pied, aura retrouvé sa juste place dans une œuvre admirée de tous. Miroir, suis-je le meilleur conteur ? Pas encore, mais père sévère !
