La sphère cubique
- Je suis si triste, petit homme, ma vie actuelle ne me convient pas.
- Tu es pourtant un magnifique fruit porté sur cet arbre magique, centenaire.
- De dos, on me prend pour une sphère. Mais j’ai une forme en poire, pour ne pas dire patatoïde.
- Tu es comme tu es.
- J’aimerai être une belle sphère, parfaite.
- Qu’est ce que cela t’apporterait ?
- Une joie personnelle et une reconnaissance, qui sait mondiale !
- Et si tu t’acceptais simplement comme tu es ?
- Je n’y arrive pas. J’ai pensé à la chirurgie esthétique. Ils font, parait t’il, des miracles.
- Et si tu ne t’aimes pas plus après ?
- Alors, je me…Je ne reviendrai plus l’année prochaine.
- Tu es libre. Préfères tu un départ immédiat ou partir à petit feu en continuant à te nier ?
- Mais…que puis-je faire alors ?
- Intéresses toi au cube.
- Pardon ? Ce volume qui se veut aussi parfait, mais si statique ?
- Apprend à l’aimer. Ouvre toi aux autres.
- Bonne idée, je vais lui apprendre à arrondir les angles.
- Attention à cet orgueil qui t’éloigne de la perfection.
- Mais le cube aussi peut approcher la perfection, en tous cas formelle.
- Je ne te le fais pas dire.
- Puis-je le contacter en journaliste, lui poser des questions, le découvrir peu à peu, entendre ses désirs et ses envies.
- Ce serait mieux de lui parler en amoureux.
- Mais je ne le suis pas.
- Alors en ami ou mieux en frère. Après tout, peut-être qu’il rêve de devenir une sphère.
- Je lui dirais gentiment qu’il est ce qu’il est. Qu’il s’accepte.
- Et si tu commençais par toi ?
- Tu sais, je m’intéresse beaucoup à la pyramide.
-…..
- Mais, petite lumière, où es-tu ?
-……
- ????
-…..
-….. /…
- Ne t’inquiète pas, je suis toujours là.
- Merci.