L'AMUSEE DE LA SPHERE VIVANTE
- J’aimerai démarrer un projet peut-être un peu fou !
- Qu’est ce qui t’empêche de commencer ?
- Mon envie de faire grand alors que je n’ai pour l’instant ni les moyens, en particulier matériels, ni même les soutiens humains.
- Il me semble que c’est plutôt l’enthousiasme qui te manque.
- Pas vraiment, mais peut-être la peur d’être considéré comme un illuminé…
-…si c’était le cas, ce serait un bel espoir de monter une marche spirituelle!
- J’en suis loin, et de toutes façons, tout est impermanent.
- Au lieu de tant penser, lance toi, fais petit sans perdre la vision grandiose de ton projet. Tu es pour l’instant le seul à te juger et, surtout, à te condamner à l’inaction.
- Ma crainte est de tourner en rond dans cette idée de créer, peu à peu, avec une démarche coopérative, un lieu où serait décliné le monde de la sphère, en tous ses états.
- Et pourquoi pas les autres volumes basiques ?
- La sphère est considérée parfaite, elle est le symbole de la terre comme du ciel.
- Je comprends bien qu’il ne s’agit que d’un support, d’un prétexte pour aborder de nombreux sujets à vocation plus psychologique, philosophique, cosmique…
- Pourquoi pas comique ! Je souhaite débuter par une soirée au cours de laquelle une actrice lirait certains textes écrits à partir de diverses boules ou sphères photographiées, puis improviserait avec les personnes présentes selon leur perception sphérique.
- La publicité préalable pour ce genre de micro événement est importante. Tu pourras mesurer l’intérêt des présents pour un thème si monomaniaque.
- Le fil conducteur de l’univers sphérique n’est qu’une base d’ouverture vers d’autres mondes en interaction, des plus basiques aux plus élevés, pour simplifier du ballon de sport aux planètes !
- Ah, enfin, tu deviens un peu concret. Ton projet a plus besoin d’actions matérielles que d’envolées lyriques.
- L’un n’empêche pas l’autre, mieux, le nourrit !
- Bien. Peux tu maintenant nous décrire ton idéal d’amusée ?
- Tout d’abord, pourquoi ce jeu de mot plutôt enfantin ?
- pourquoi dit t’on le musée ?
- parce que la Culture a longtemps été réservée aux hommes !
- pour rétablir l’équilibre, nous dirons désormais la musée
- l’amusée !
- l’âme usée…
- la muse est.
L’objectif reste de réaliser un lieu vivant, loin de l’image statique du musée.
- De nos jours, ces lieux culturels deviennent de plus en plus interactifs.
- Oui, mais les bases de cette interactivité sont techniques, grâce au développement de la vidéo-informatique en particulier.
- Je comprends : la base même de ton projet est d’abord en la relation humaine.
- Tout à fait. Commencer par une rencontre entre amis et proches, autour de ce thème serait possible. Pas exemple, chacun amènerait une boule qu’il possède chez soi, ou une photo, ou qui sait, un livre, une peinture…
- Ce serait le début de la collecte des matériaux nécessaires à l’amusée.
- Bien sûr, un lieu approprié pourra s’avérer nécessaire, qui sait rapidement, pour y mettre en scène ces sphères, en travaillant leur dynamique, les éclairages…
- Te revoilà partant bille en tête, laisse les choses se mettre en place, se poser.
- Ne dois-je pas un peu provoquer les situations, pousser le projet ?
- Peut-être, mais à ta mesure, sans t’épuiser, d’autant que tu souhaites cette amusée plutôt support d’un rêve coopératif !
- Juste. Mais pourquoi aie-je toujours le besoin d’un accord extérieur, d’appuis alors que je vois bien que les porteurs de projets se débrouillent d’abord seuls puis attirent des aides naturellement, sans forcer.
- Tu doutes encore de l’intérêt de ton projet. Réalises seulement que c’est surtout un hommage à la Terre-Mère que tu entreprends là.
- C’est possible… mais il est temps de préciser les idées, d’élaborer une fiche technique résumant l’ensemble des actions à mener, si possible avec un calendrier.
- Ce ne seront que des propositions si tu es sincère en ton désir de mener un travail associatif, coopératif, une coproduction.
- Là-dessus aussi, je me dois de lâcher prise. Il se peut que de nombreuses idées n’intéressent pas les personnes désirant par ailleurs s’impliquer. Je prends là mieux conscience que ce qui compte est essentiellement de l’ordre de la qualité des échanges humains lors de l’élaboration et de la vie d’un projet.
- Il serait intéressant de trouver un étudiant qui mettrait en place des actions dans le cadre de son stage diplômant.
- Mais quelle spécialité ?
- Aucune, justement, quelqu’un de polyvalent, mais si possible formé à la gestion de projet…
- …un futur ingénieur ou un master en management ?
- Cela n’est t’il pas en contradiction avec le projet coopératif ?
- Pas vraiment, quelqu’un doit bien assurer la synthèse et la rédaction des fiches d’action. Tout dépendra du niveau d’enthousiasme de la personne, plus que de son niveau universitaire.
- Fait ta part du travail, laisse la vie t’apporter les bonnes rencontres…